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Conseil du 14/12 : la honte

Le maire ouvre la séance du conseil du 14 décembre 2006 sur une majorité dispersée, absente, divisée. Il a fini par céder aux demandes répétées. Oui ! La salle des mariages est sonorisée ! Oui, il a mobilisé moins de policiers. Mais il y a toujours autant de gros bras et l'huissière de justice est toujours là.

Aeschlimann"Comment fait l'huissière pour constater ? Elle papote avec sa voisine, prend peu de notes. Oui, mais elle aura les enregistrements audio et les notes de la sténotypiste ? Hélas, le conseiller municipal Bruno Casari fait remarquer que lors du conseil municipal de septembre, l'huissière est partie sans ces enregistrements ni ces notes. Et que ces notes sont très curieusement tronquées. On n'y lit pas que Francis Delage a proféré par exemple un très républicain : «Je m'en fous.» Alors comment travaillent les officiers ministériels ? C'est un grand mystère.

Charges et pitreries

Manuel Aeschlimann a une petite mine, la main sur la bouche, on dirait qu'il suce son pouce. Il n'est pas à l'aise. Espère-t-il que les conseillers Casari et Semoun vont faire capoter la séance ? Moi, je le crois. D'ailleurs, ils s'en donnent à coeur joie. Sirène, mégaphone, pitreries : - Monsieur le maire, comment s'appelle la société chargée du nettoiement ? - Vous devriez le savoir, Monsieur Semoun, Pronet. - Eh bien Monsieur le maire, vous n'êtes ni pro, ni net. Au-delà des pitreries et des bons mots, («une urgence qui dure depuis cinq ans, ce n'est pas une urgence»), leurs interventions sont pertinentes et ne manquent pas de profondeur. Mais leur farce déstabilise et désoriente le public. Messieurs, vous me réciterez trois Je vous salis ma rue.

La première grosse charge viendra du conseiller municipal Luc Bérard de Malavas (PS). Il demande à Manu des explications sur les insultes qu'il a proférées en septembre à son égard en déclarant : «Vous tenez des propos gravement racistes et discriminatoires.» Manu se dérobe, tente de se défausser, non ce n'était pas vous... Luc Bérard de Malavas insiste. Et la réponse de notre grand maire tombe, misérable : «Il n'y aura pas de réponse.»

Durant toute la soirée, ce «Il n'y aura pas de réponse» sera le leitmotiv des élus de la majorité clairsemée et dispersée, qui ne maîtrisent pas leurs dossiers, répondent à côté puis finissent par refuser de répondre, en démission de Cause. Voir comment tel élu (il se reconnaîtra) anonne péniblement sur la manière dont on définit les critères pour un appel d'offre. Je lui donne 2 sur 20. Pour la salive.

Laurent Martin Saint Léon abasourdit le conseil et l'assistance : le commissaire du Gouvernement du Tribunal administratif considère que le retrait de sa délégation de Maire-adjoint est illégal, que Laurent Martin Saint Léon doit être remis dans son droit et demande que la Ville soit condamnée.

Curieusement, le microphone de Laurent Martin Saint Léon dont les interventions élèvent le débat et réconcilient avec l'idée de ce qu'on peut se faire d'un élu, son microphone donc, est réglé bien bas. M. Saint Léon serait donc bien avisé de publier ses interventions sur son site afin que tout le monde puisse s'instruire. Hors brouhaha. Idem pour le PS ?

Une majorité en loques

C'est un sport qu'adore Manuel Aeschlimann : malmener sa propre majorité. Ce sont pas moins de sept ou huit délégations qu'il a retirées, puis parfois redonnées. Quelle image de rassembleur ! Tu parles. Manuel Aaeschlimann, n'est d'ailleurs franchement pas à l'aise, et ce ne sont pas ses lieutenants qui lui viendront en aide. Certains même, savourent. Je tairai les noms.

Une majorité malmenée, divisée et qui désormais, s'exprime. Pascale Pourbagher à qui Manuel Aeschlimann vient de retirer toutes ses délégations lit un réquisitoire froid, acide et percutant. Notre bon maire ne trouve pas la bonne répartie. il s'enfonce. Francis Pourbagher (l'ex directeur de cabinet, viré) écoute sa femme, plus rien n'existe autour de lui. Il l'écoute la gorge serrée, étreignant le noeud de sa cravate. Moment émotion. L'intervention de Pascale Le Gall mériterait d'être publiée largement. Elle était remarquable. J'en ai même oublié quelques instants cet épisoque du voile islamique d'il y a quelques mois.

Les intérêts de la Ville bafoués

La séance se déroule dans un brouhaha épouvantable, sous le regard de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen que Semoun et Casari avaient pris soin de placarder sur les lambris dès 20 heures. C'est ainsi qu'un budget supplémentaire de 12 millions d'euros (broutille) sera adopté à la hussarde.

Le public est effaré. Pascal Jourdan (candidat Génération Écologie aux législatives 2007) s'éclipse discrètement. Laurent Trupin (UDF, élu de Colombes) n'a jamais vu ça. Et pourtant il a de la bouteille. Le patron des Renseignements généraux ne dit rien. Il écoute. C'est son métier. À quoi pense Mabrouk Belayadi (Association Entente Culturelle d'Asnières, proche la mosquée d'Asnières Al Hidaya Al Islamya) ? L'article d'asnierois.org sur le livre Black Blanc Beur lui est sans doute resté en travers de la gorge.

Le groupe socialiste ne pourra jamais poser ses questions. Laurent Martin Saint Léon ne pourra jamais poser ses questions. Personne ne pourra jamais poser de questions orales. Manuel Aeschlimann clôt la séance en catastrophe. Aurait-il si peur ? De quoi ? Qu'on lui demande des comptes sur le parking taupinière ? Sur son gueuleton avec Gérard Corouge, le président du Tribunal administratif de Versailles ? Sur la mainmise de la vidéosurveillance ? Sur la zac Unilever ? Sur...

C'est lamentable. Un ordre du jour étique (pas éthique : étique). Absence de débat. Incompétence. Gabegie. Bravo.

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À lire :
- Le coup de gueule de Sébastien Pietrasanta (PS) sur son blog

- Le courrier d'Hubert Massol (MNR) au maire (en date du 15 décembre) :

«Monsieur le Maire,

Sur le vice de forme,
-Vu l’article L.2121-12 du C.G.C.T. relatif au délai de convocation en urgence des élus ;

Sur le vice de fond,
-Vu l’article L.2121-12 du C.G.C.T.sur la nécessité de communiquer une note de synthèse aux élus et vu notamment l’article 2121-13 du C.G.C.T. relatif au droit d’information des membres du Conseil Municipal ;

Au regard de la violation manifeste, en l’espèce, de ces dispositions légales, il vous est demandé, de considérer le bien fondé de ces remarques quant au défaut d’urgence et, en conséquence, de bien vouloir reporter à une séance ultérieure du Conseil Municipal, ces deux points de délibération sus-mentionnés. Faute de quoi, les délibérations votées dans ces conditions seront susceptibles d'êtres déférées devant les juridictions administratives compétentes.

Recevez, Monsieur le Maire, l’expression de mes sentiments distingués.

Hubert MASSOL
Conseiller municipal »

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Giuseppe Pellizza da Volpedo, Il Quarto Stato